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Notre Famille d'origine

  • Photo du rédacteur: Alice Le Scouarnec
    Alice Le Scouarnec
  • 20 mars 2025
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 sept. 2025

Notre famille d’origine, les relations à nos parents sont souvent vus comme étant la cause de nos maux d’adultes. Tout ceci repose sur l’hypothèse que nous arriverons sur terre totalement libres de tous schémas, peurs, mécanismes, historiques.

Que dire alors de notre empreinte karmique ? Ces vies passées que nombre d’entre nous ont déjà revisitées ? Que dire du transgénérationnel ? Et comment expliquer que déjà in utéro, l’énergie d’un enfant à naître est différente dans son expression ?

L’énergie d’un Être est présente avant même une grossesse. L’énergie d’un Être qui va s’incarner peut se sentir même plusieurs années avant même que sa présence se manifeste dans le ventre de sa mère. Nous arrivons avec un bagage qui s'exprimera lors de nos expériences de vie. Tout ne repose donc pas sur l'expérience que nous avons vécue au sein de notre famille. Elle est là pour nous révéler nos blessures, et ainsi nous montrer le chemin.


La famille ne peut être tenue responsable de nos manques d’amour, de confiance et de toutes autres insécurités que nous pourrions ressentir adulte. C’est une source riche d’informations nous permettant de mettre en lumière ce qui nous habitait enfant et ce qui vit encore en nous. Ce sont des indices précieux nous permettant de mieux comprendre les challenges relationnels et les failles que nous portons en lien avec l’Amour, la confiance, l’estime de soi. 

Aller revisiter notre histoire est intéressant. Ressentir toutes les douleurs de notre histoire d’enfant est primordial. Les mettre de côté revient à prendre le risque de porter une blessure non apaisée qui agirait en nous sans que nous en ayons conscience. À chacun de sentir la pertinence d’aller faire face aux réalités douloureuses vécues dans l’enfance, à chacun de mettre de la conscience ce qui a été vécu.

Généralement la vie est bien faite et nos réactions émotionnelles au contact de nos parents dans le présent nous offrent une porte d’entrée fabuleuse pour faire cette investigation. Ce que nous vivons dans nos relations intimes, avec nos enfants ou encore avec une figure d’autorité, dans un cadre professionnel par exemple, parle également de mécanismes qui ont déjà pu s'exprimer dans notre enfance. Cette empreinte qui nous fait agir ou vivre les situations comme ceci ou cela était déjà là enfant et s’est activée au contact de nos parents tout comme elle s’activera plus tard dans notre vie d’adulte tant que nous ne l’aurons pas traitée. 


Faire porter la faute sur les parents des douleurs vécues dans l’enfance est contre-productif. D’abord parce que cela nous dépossède de notre pouvoir et leur en donne trop, et ensuite, parce que cela nous fait entrer dans un prisme moral, du bien et du mal, ce qui n’apporte rien concernant notre situation et notre devenir. 

Cela ne veut pas dire que c’était acceptable. Certaines situations ont pu être très  douloureuses, voire même extrêmement violentes. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas, encore aujourd’hui, des limites saines à poser, des clarifications à avoir quant à la qualité des liens qui nous unissent à notre famille d’origine. Mettre de la conscience sur tout cet environnement est très précieux et l’est d’autant plus que cela se fait en l’absence de prisme moral.

Quels que soient les comportements de nos parents, il me semble que pour la grande majorité d’entre eux, ils ont fait ce qu’ils pouvaient, en fonction de leur histoire, de ce que eux-mêmes ont vécu, voire subi. Lorsque nous sommes dans nos blessures, il est très compliqué d’avoir une vue globale de tout ce qui a été à l’oeuvre et qui a fait que nous avons vécu ce que nous avons vécu. La douleur brouille la lucidité. C’est important de le garder à l’esprit lorsque nous explorons nos expériences de vie, et cela, même si nos cœurs sont broyés par une grande violence. 


Par ailleurs, pour une raison qui est peut-être encore imperceptible, nous avions à vivre cette expérience pour devenir la personne que nous sommes appelées à être. Et c’est là aussi un élément essentiel du présent qui influence la manière dont nous percevons notre expérience du passé. En effet, selon le degré de satisfaction, de joie, d’amour de soi et de notre vie que nous expérimentons dans le présent, nous ne porterons pas le même regard sur notre passé. Dans un état d’amour absolu pour sa vie et soi, il n’y a plus d’erreur dans l’histoire, il n’y a rien à changer, même la plus douloureuse des expériences passées car sans elle, nous n’en serions pas là où nous en sommes et nous ne serions pas qui nous sommes. Dans cet état d'amour absolu, la perfection de l'histoire émerge, et la grâce s'invite alors là où la douleur régnait.


Le fait de reprocher des choses à ses parents concernant l’enfance est donc une mise en lumière du fait que nous ne vivons pas la vie que nous désirons profondément, ou encore que nous ne sommes la personne que nous désirons être. Or la responsabilité de notre vie une fois adulte nous revient. Et s’il est souvent challengeant de sortir de schémas de peur, de manque de confiance et d’amour, cela est possible. À chacun de prendre sa vie en main sur tous les plans. Il est possible de s’émanciper de son histoire, il est possible de la regarder autrement. Chaque expérience a une raison d’être. Chaque expérience peut-être transcendée et une douleur du passé peut devenir un joyau sublime. 


Rester dans la rancœur vis-à-vis de sa famille est aussi un bon moyen de ne pas prendre la responsabilité pleine et entière de son vécu présent. La rancœur d’ailleurs vient d’une blessure du cœur figée, qui n’a pas été vécue et qui demande à être guérie. Toutes nos douleurs de cœur peuvent être traversées et apaisées. Toutes peuvent être pansées et nous permettre d’ouvrir à nouveau notre cœur à l’amour. Simplement nous sommes les seuls à pouvoir faire ce cheminement, et cela quelle que soit la posture de nos parents. Nous n’avons pas besoin d’eux pour accepter notre vécu et être en paix avec. Continuer à leur en vouloir ou à attendre quelque chose venant d’eux pour pouvoir enfin panser notre plaie, c’est se priver de notre guérison, c’est se priver de la légèreté d’un cœur libre de vivre l’amour. Si par exemple nous ne vivons pas l’amour dans le présent, ce n’est pas dû au passé mais au fait que nous lui donnons trop de pouvoir. 


Notre pouvoir de libération intérieure de nos schémas et blessures est infini. La question est alors de se demander ce qui fait qu’une part de nous tient tant à faire porter cette responsabilité à l’extérieur, que ce soit à nos parents ou à une autre personne de la famille (cela fonctionne aussi avec les expériences amoureuses douloureuses).

Lorsqu’il est dur de prendre pleinement sa responsabilité c’est que nous avons un avantage à ne pas le faire, un avantage peut-être même à ne pas apaiser et sortir de la rancœur. Si par exemple, nous avons passé de nombreuses années dans ce blocage, rien que le fait d’accepter que nous avons “perdu tout ce temps” peut être douloureux. Se dire que si nous avions ouvert les yeux plus tôt alors peut-être nous aurions pu vivre l’amour, la confiance, l’estime de soi, notre vie rêvée, plus tôt peut être trop douloureux et bloquer le processus. Une part de nous peut préférer rester dans la rancoeur et se dire que ce n'est pas de sa faute pour éviter de vivre la douleur de la responsabilité ces années perdues.

Une autre raison peut être d'avoir l'impression que cela signifie que nous validons le comportement de la personne. Or être en paix ne veut pas dire accepter et être ok avec ce qui a été vécu. Cette confusion peut bloquer tout le processus de libération.

En tirant le fil, chacun découvrira sa propre histoire et ce qui se cache derrière cette éventuelle rancoeur. Ainsi, chacun y trouvera le joyau qui lui permettra de se libérer encore un peu plus et de reprendre, encore un peu plus, son pouvoir. Et ainsi de suite. Avec chaque schéma, chaque expérience, qui dans le présent nous pointe une tension, une douleur. Et un pas après l’autre, la libération nous mène vers notre chemin, libre des peurs et des blessures. Un pas après l’autre, notre cœur s’ouvre à nouveau. Et peut-être même que nous réaliserons que nos parents nous ont profondément aimés, finalement, avec toutes les casseroles qu’ils avaient sur le dos, qu’ils n’ont pas su gérer ou qu'ils ont géré comme ils pouvaient. 


Il existe par ailleurs un avantage contextuel non négligeable. Nous vivons dans un monde où explorer son intériorité est presque devenu une évidence, aller voir un psychothérapeute est très commun. Le terrain est aujourd’hui propice à ces guérisons. Cela n’a pas toujours été le cas. Les enfants des années 60 n’ont pas grandi avec l’évidence de la psychanalyse. Si aujourd’hui ça ne l’est pas pour tout le monde, tout de même, ça l'est de plus en plus. Il existe des freins bien sûr à la libération intérieure mais ils agissent sur d'autres plans.

Il y a aussi donc un effet générationnel. Chaque génération a son rôle à jouer dans la grande danse cosmique de la vie. Être né dans un monde où l'existence de l'inconscient n'est plus remis en question, où cela ne relève pas de la folie que d'aller consulter, où nous reconnaissons que nous pouvons porter en nous la marque des traumatismes de nos ancêtres jusque plusieurs générations, nous donne un grand avantage en termes d'accessibilité et d'évidence à aller faire ce travail sur soi. C’est notre responsabilité que d’assumer cela.

Les générations précédentes ne l’ont pas fait avant parce que ce n’était pas ou pas autant dans leur champ. Et c’est ok. Chacun son rôle. Nous avons une chance inouïe de pouvoir faire aussi facilement ce travail de conscience, que cela soit autant présent dans notre champ, aussi accessible. C’est une immense chance que de pouvoir vivre cela. Eux n’ont pas pu, pour diverses raisons. Si c’est nous qui sommes prêts à faire ce travail de plongée dans nos profondeurs, alors tant mieux.

Assumons notre rôle, pour nous avant tout et savourons cette chance d’expérimenter la libération intérieure.


Les expériences de cette vie, et encore plus les épreuves, sont là pour nous signifier quelque chose. Notre famille et ce que nous avons vécu ou vivons encore à son contact ne fait pas l'exception.



 
 
 

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