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Apprendre à naviguer dans l'effondrement

  • Photo du rédacteur: Alice Le Scouarnec
    Alice Le Scouarnec
  • 8 juil.
  • 2 min de lecture

C’est avant tout apprendre à naviguer dans ses propres effondrements,

Dans ses sensations de désespoir et de détresse qui parfois s’éveillent,

Dans la peur de la perte de ce qui nous semblait essentiel,

Qui l’est toujours,

Mais qui a vocation à prendre une autre forme, à s’inscrire dans une nouvelle réalité et qui demande donc à mourir dans sa forme présente.


C’est apprendre à traverser l’effondrement des pans de vie construits sur une réalité qui n’est plus la nôtre, qui n’est plus celle sur laquelle nous pouvons continuer à construire.

Cela ne veut pas dire que tout est à jeter. Il est nécessaire de garder en lucidité pour ne pas tomber dans la réaction extrême et construire un autre monde sur la base de piliers fondateurs illusoires, ceux qui « jettent le bébé avec l’eau du bain ».


Pour garder en lucidité, le seul moyen est d’apprendre à traverser tout ce qui vit et s’éveille en nous d’inconfortable, de douloureux, d’intense (y compris le sur-enthousiasme), sans perdre notre centre, sans nous fermer, sans réprimer, sans fuir, et sans pour autant succomber ni à la douleur, ni à la tentation de la réaction trop rapide (qui est une manière de ne pas vivre ce qui s’éveille en soi).


Cela demande une finesse de perception de l'impulsion racine qui met en mouvement, pour sentir que l’action part d’un espace juste, que la décision est prise depuis un espace fluide et vivant.


Apprendre à traverser l’effondrement dans l’amour de ce qui doit être, l’amour de ce qui ne pourra se transformer au rythme qui nous arrangerait, l’amour de ce qui ne sera plus, l’amour de ce qui est, la foi que tout est juste, que nous pouvons lâcher le contrôle, arrêter de résister, que la Vie saura toujours trouver un chemin vers nous.

Apprendre à vivre tout cela dans l’amour de soi, dans nos difficultés à rester centrés, à rester le cœur ouvert, à parfois trop donner ou pas assez, à parfois réagir. Apprendre à s’aimer même quand tout s’effondre et que les blessures profondes s’activent, celles qui éveillent une angoisse et une forme de terreur face à la vie, à l’avenir, à ce qui est.


Car oui ce qui émerge dans un effondrement est intense, bouleversant et fait vaciller tout notre monde. C’est une perte de repères totale.


Là est le sur-Homme

La est l’Humain augmenté

Car il ne succombe pas à ses mécanismes automatiques 

Il ne se laisse pas happer

Il ne déverse plus

Il est ultra conscient 

Et sait vibrer l’amour

De soi

De la vie 

De tout

Malgré tout. 

Il sait, qq soient les événements, retrouver le chemin vers l’Amour total en lui. Il sait se pardonner, il sait s’aimer pleinement et entièrement.


Lorsque nous savons naviguer dans ce que nous vivons comme douloureux, angoissant, violent en nous, alors cela ne se déverse plus à l’extérieur de nous. 

Alors un nouveau monde peut émerger.


Celui post effondrement. 

Le Monde d’après.



*


Vortex de Re-Naissance, 2023, acrylique sur toile, 50x61 cm
Vortex de Re-Naissance, 2023, acrylique sur toile, 50x61 cm

 
 
 

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