Douleur & cheminement vers soi
- Alice Le Scouarnec

- 21 nov. 2024
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 nov. 2024

La douleur est-elle une étape nécessaire ?
Je me suis souvent demandée s’il était nécessaire d’avoir mal, de vivre des effondrements, voire de souffrir, dans ce long processus de cheminement vers Soi.
Je n’ai pas de réponse figée, peut-être qu’il existe des personnes qui arrivent à se laisser porter par la vie, sans résistance aucune et ainsi suivre le flow des transformations sans avoir mal. Jusqu’à ce jour je n’en ai rencontré aucune. Si par ici quelqu’un se reconnaît dans ce descriptif, surtout contacter moi !
Il me semble que pour les gros paliers, les grands changements structurels qui touchent à nos peurs les plus profondes, il est nécessaire que notre inconfort dans le statut quo dépasse celui d’aller traverser ces peurs.
Plus la peur est grande, plus la traversée de cette peur sera désagréable, voire douloureuse, et plus l’inconfort de notre vécu présent doit être inconfortable et douloureux pour faire le grand saut. C’est d’une logique évidente. Pourquoi aller se frotter à ce qui nous fait mal alors que ce que nous vivons n’est « pas si mal ».
Le fameux « pas si mal ».
Nous ne sommes pas maso, pas tous en tout cas, et généralement rarement dans le champ de l’exploration de notre intériorité.
Le fait de vivre dans une société qui fuit beaucoup les sensations corporelles et émotionnelles fortes, souvent étiquetées comme désagréables (avec des anti-douleurs, des anti-dépresseurs, la péridurale, de l’alcool, des drogues, du travail à outrance) parlent de notre manière de vivre intérieurement ces sensations, ces traversées et donc de notre capacité à vivre les grands chamboulements de nos vies. Cela parle aussi de notre tendance à les fuir.
Il faut dire que c’est un véritable changement de perception que de voir ces sensations comme des signaux positifs, de bonnes nouvelles et non comme quelque chose à combattre, à éviter, à faire disparaître. Cela nécessite aussi d’être prêt à vivre toutes les transformations de vie que cela peut impliquer que d’écouter ces informations sensorielles. Personnellement je trouve que c’est le chemin le plus exigent, le plus terrifiant, et le plus transformateur que j’ai décidé d’emprunter. J’apprends chaque jour et je n’ai pas fini d’apprendre devant la puissance de ce que la Vie amène comme enseignement.
La bonne nouvelle c’est que le premier effondrement passé, si celui-ci est vécu en conscience et pleinement digéré, cela ancre le fait que non seulement nous survivons, mais qu’en plus c’était pour le mieux. Le prochain fera moins peur, voire nous saurons qu’il nous indique que quelque chose a besoin d’être ajusté dans notre vie et que ce ne sera que mieux après. Évidemment cela ne nous prémunira pas de la traversée des émotions intenses que cela implique, simplement ce sera plus facile à vivre. C’est en tout cas mon expérience.
Il me semble toutefois possible de nous préparer à ces étapes de vie profondément transformatrices, car elles arriveront forcément à un moment donné, et pour tout le monde. Rien que parce que la vie est elle-même jalonnée d’étapes de vie qui en elles-mêmes sont bouleversantes. A cela s’ajoute toutes les autres.
Une préparation en amont permet de les accueillir au moment où elles émergent, de les sentir venir, de s’abandonner à ce vortex puissant, de vivre chaque étape en conscience, car le travail de préparation en amont a été fait. Evidemment, rien ne remplace l’expérience des effondrements en eux-mêmes, toujours à condition qu’ils aient été traversés véritablement et non camouflés, étouffés, mis de côté, gérés au mieux mais en évitant d’aller connecter ce qu’il y avait à vivre au fond de Soi.
Ces moments sont pour moi les plus beaux d’une vie, les plus intenses, les plus transformants. Ils font partie de la beauté de la Vie et sont si puissants à vivre. Ils portent en eux le potentiel de nous connecter à notre nature véritable. Le tout est d’arriver à s’abandonner au processus.





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