L’Humain et sa quête du dépassement de sa condition
- Alice Le Scouarnec

- 20 avr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 avr.
L’humain a la possibilité de dépasser sa condition, ce qu'il tente de réaliser depuis des siècles. Il est poussé à cela car il porte en lui cette graine de la transcendance. Comme toute graine et comme dans toutes ses créations, l’humain a le choix de lui donner vie depuis un espace de conscience ou depuis ses mécanismes inconscients nés de la peur.
Dans cette différence majeure et subtile du terrain au sein duquel la graine va germer, réside l'avenir de l'humanité et une clé de compréhension de ce qui est dit dans les Écritures au travers des notions de "bien et mal", "ce qui est juste ou non".
La question est alors : l'Humain décidera-t-il de faire partie des Justes ou non.
Aujourd’hui, cette quête se manifeste notamment par une course technique, technologique, scientifique menant l’Humain consciemment et inconsciemment à tenter de contrôler le vivant, les lois de la nature. En d'autres termes, à tenter de prendre la place de Dieu. Cela peut être vu comme l’expression du dépassement de sa condition depuis le second terrain mentionné ci-dessus, l'espace de ses mécanismes. Avec un peu de recul il serait d'ailleurs possible d'y voir une tentative désespérée de fuir sa condition plus que de la dépasser, de la transcender.
Le véritable dépassement ne se fera en effet jamais en prenant la place de Dieu, de l’énergie pure de Vie, de la source de toute chose car cela lui est inaccessible. Le dépassement de sa condition se fera dans l’union totale à celle-ci, dans l’union à Dieu. Alors, l'Humain ne tente plus de prendre sa place mais œuvre aux côtés de la Vie dans la perpétuation éternelle de celle-ci, à son service, au service d'une Volonté Supérieure, celle qui anime toute chose et qui nous dépasse. En s'unissant à cette force qui le dépasse, l'Humain dépasse sa condition "uniquement humaine". En atteignant cet état d'être intérieur, il touche un espace éternel et infini, le calme se fait en lui.
De cet espace, il ne décide plus tout à fait. Il se libère du poids qu'il se met sur les épaules lorsqu'il se raconte être capable de prendre la place du Divin. Poids qui vient du fait que ce n’est tout simplement pas son rôle que de porter un tel pouvoir seul. Un pouvoir qui pèse trop lourd et engendre une anxiété qui peut ressembler à celle ressentie devant une tâche perçue comme nécessaire et irréalisable à la fois. Une expression concrète de cela se trouve lorsque l'Humain se fait croire qu’il a un pouvoir de vie ou de mort sur d’autres que lui-même ou qu’il est légitime à avoir un tel pouvoir.
Ce changement de perception libère et allège donc. Mais effraie également puisque cela implique de lâcher l'illusion de pouvoir contrôler sa vie ; une étape majeure qui éveille d'importantes résistances. En se positionnant à sa juste place, en redonnant à la Vie la partie du pouvoir qu'il pensait détenir, il se trouve face au vertige qu'implique le lâcher prise dans l'inconnu, l'abandon à plus grand que lui.
Et en même temps, dans cet état d'union, il lui est possible d'accepter avec sérénité, ce qui relève de cette force supérieure et qui n'est pas de son ressort. En s'en remettant à la Volonté Divine, il épouse la voie qui le mène à la réalisation de ce qui est profondément juste pour lui. La beauté de la Danse cosmique fait que la voie divine du collectif est en osmose parfaite avec les désirs profonds des Êtres qui le compose.
En s'abandonnant à plus grand que lui, l'Humain s'abandonne à sa Destinée individuelle, et à sa destinée au sein du grand tout. La quête consistant à "chercher sa place", "tenter de trouver sa place" est vaine lorsqu'elle ne se fait pas dans cette union totale.
L'Humain devient alors participant d'une Œuvre qui le dépasse, en œuvrant à sa propre réalisation. Ainsi il dépasse sa condition humaine. Il devient l’expression du Divin en épousant la parcelle divine qui l’habite. Il transcende sa condition en devenant l’expression de Dieu en lui et non en cherchant à devenir Dieu lui-même.
Cette transformation de perception permet l’immense libération du poids qui est actuellement porté par l'Humain lorsqu'il pense avoir plus de pouvoir qu'il n'en a en vérité. Cela implique également une immense responsabilité : celle d’œuvrer à chaque instant pour honorer cette Volonté Supérieure autant que son Être profond. Cela demande un travail intérieur considérable et un dévouement total à ce travail d’orfèvre pour sortir de la caverne de Platon, se libérer de ses mécanismes automatiques, libérer entièrement son coeur. Cela afin de vivre cet espace intérieur sacré permettant de s’ouvrir, entendre et suivre la voix de son Être autant que celle de Dieu.
Ainsi, ce n’est plus l’égo qui se réalise dans ses compulsions et peurs de mourir ou de manquer d’amour, c’est l’Être lui même dans une expression pure d’Amour absolu et total. Un amour qui n’est plus recherché mais qui est à la fois reçu et qui émerge de lui.
Ainsi, il n’est plus question de ce que nous voulons que le monde soit ou que notre vie soit, mais simplement de participer en tant qu’observateur autant qu’acteur à la création et l’émergence de notre Monde et du Monde, dans son expression la plus juste et la plus vivante qui soit.
Nous retrouvons ici la même expérience que ce qui est vécu lors d’un accouchement, d’un être, d’une œuvre, de soi : nous participons activement, et de tout notre Être, à l’expérience de naissance tout en étant spectateurs de l’œuvre divine qui opère à travers soi.
L'osmose avec le vivant ne pourra naître que d’un changement de paradigme complet, celui qui aboutira également la manifestation des œuvres divines individuelles, celles qui rayonnent d’un amour absolu et total, celles qui ne font qu’un avec le divin.
Alors, certainement, naîtra une nouvelle civilisation.






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